C’est la « journée internationale de soutien aux victimes de la torture »…et c’est la fête de la Nativité de Jean, le Baptiste. Y’a comme cela des rencontres surprenantes entre le calendrier de la liturgie et celui de la vie du monde. Belle occasion pour regarder comment, au fil des dimanches, nous ne laissons pas au vestiaire la vie du monde…et comment, au fil des semaines, nous habitons nos vies de Celui que nous avons célébré.
L’ACAT (action des chrétiens pour l’abolition de la torture) et tant d’autres associations nous interpellent. Ceux qui y sont engagés tiennent bon, souvent discrètement, toujours avec confiance et espérance. Ils nous empêchent de nous endormir, d’oublier que quelque chose du devenir de l’autre est entre nos mains. Merci à eux et à tous ceux qui maintiennent ainsi nos vies en vigilance active. nc en capacité d’indignation.
Devant tous les chantiers du monde, parfois devant toute la misère du monde, on peut se lamenter, ou tout renvoyer sur Dieu. On peut aussi se demander ce qu’on fait, et avec qui on le fait. Ca s’appelle prendre des responsabilités, s’engager dans des fidélités, et –avec d’autres- croire que des choses peuvent changer dans la société. Pourvu qu’on y vive en acteurs, et non en spectateurs isolés, passifs ou voyeurs, aigris ou désabusés.
Célébrer la nativité de Jean, le Baptiste, c’est peut-être aussi cela : laisser naître et renaître en nous quelque chose d’un prophétisme qui parfois sommeille un peu. Redécouvrir qu’être du Christ provoque à se positionner. Rappeler que croire en Dieu engage à croire en l’Humanité. Traduire nos prières en actions. Et ne pas faire l’impasse sur la prière, sous peine de s’agiter en vain.
Lors d’un forum vers « Pentecôte 2006 », une responsable politique à qui on demandait ce qu’elle attendait des chrétiens dans la cité avait eu cette réponse : « Qu’ils maintiennent dans ce monde la capacité d’indignation ». C’était un soir de janvier 2006. Depuis, au service de qui nous sommes-nous indignés ? Et avec qui avons-nous fait de notre indignation une prière et une action ? Que Jean Baptiste et tous ceux qui lui donnent visages aujourd’hui nous aident à cette cohérence, par décence pour l’Homme et pour Dieu.
Arnauld
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