Trois garçons dans le vent Pascal Dame, Xavier Behaegel et Cyrille Agbobly seront institués lecteurs et acolytes par l’évêque de Lille. “Au nom du Christ et de l’Eglise, l’évêque de Lille confie à Cyrille, Pascal et Xavier la mission de vivre de la Bonne Nouvelle et de l’annoncer, de participer à la prière commune et de la proposer.” Deux dates à retenir : le 9 décembre 2006 à 19h à Saint-Pierre de Flers Bourg à Villeneuve d’Ascq pour Xavier Behaegel et Pascal Dame, séminaristes, en route vers la prêtrise ; le 14 janvier 2007 à 10h30 à Saint-Jean Bosco à Mons-en-Barœul pour Cyrille Agbobly, laïc, en route pour le diaconat permanent.
Cyrille Agbobly Une Eglise universelle, un visage diversifiE Cyrille Agbobly, 45 ans, Monsois, originaire du Togo, enseignant professeur certifié de physique appliquée, est marié avec Sylvie depuis quatorze ans, et père de trois enfants, Marie 12 ans, Lucie 9 ans, Pierre 6 ans. “Cela fait quelques années maintenant que je participe au service de la Pastorale des migrants du diocèse de Lille. J’ai été très surpris le jour où l’équipe diocésaine de la Pastorale des migrants1 m’a demandé de réfléchir à l’éventualité du diaconat permanent. Cette interpellation est venue bousculer, remuer, comme une pelle mécanique, notre petite vie tranquille de famille. Ce n’était pas facile d’y voir clair, mais nous n’avons pas fermé notre porte. Nous étions rentrés dans une période de discernement, puis de formation pour essayer de comprendre et d’accueillir l’action de l’Esprit saint dans ce nouveau projet. Le chemin vers le diaconat permanent se construit depuis quatre ans maintenant. Chaque jour à petits pas dans les pas du Christ, dans la prière, avec le désir de se rendre disponible. Nous prenons les moyens d’accueillir nos doutes, nos perplexités et nos joies pour les offrir au Seigneur avec notre équipe d’accompagnement et nos accompagnateurs spirituels personnels. C’est avec joie et humilité que j’accueille l’appel de l’Eglise à avancer vers le diaconat permanent et à me préparer à recevoir la charge de lecteur puis d’animateur de prière, et de serviteur de l’eucharistie. Je vis ce nouveau chemin de serviteur de l’Eglise qui s’offre à moi aujourd’hui comme une grâce de l’Amour du Christ dans ma vie personnelle, une invitation à aller plus loin à la suite du Christ comme beaucoup d’hommes et de femmes m’y ont déjà précédé. Le Seigneur m’appelle pour qu’à mon tour, je le fasse connaître dans le monde comme il m’a donné de le connaître. Aujourd’hui, la manière d’être et de vivre dans mes lieux de service, ma famille, la Pastorale des migrants, l’Equipe d’animation paroissiale de Mons, la communauté Vie chrétienne en tant que responsable de l’équipe service métropole, dans mon travail… me donne du goût pour le service des frères et de l’Eglise. J’apprends ainsi à apporter ma modeste contribution à la construction du visage diversifié de l’Eglise universelle et d’un monde fraternel.”
1 C’est un lieu d’Eglise qui a pour but d’informer et de réfléchir en vue de rassembler et travailler avec les migrants chrétiens ou non, afin de susciter des engagements pour un meilleur vivre ensemble dans l’Eglise et dans le monde.
Xavier Behaegel “Vivre de la Bonne Nouvelle et l’annoncer” Xavier Behaegel, actuellement en cinquième année de formation au séminaire de Lille, est appelé au lectorat et à l’acolytat, deux ministères qui se réfèrent à des réalités qu’il vit déjà. “Tout jeune, je propose à mon frère et ma sœur de vivre ensemble un temps de prière le soir. Nous échangeons sur notre journée, lisons l’Evangile du jour et confions les personnes que nous aimons dans la prière du Notre Père. Une prière toute simple, mais qui ouvre un chemin vers Dieu. Lors de rencontres, je découvre combien la Parole de Dieu éclaire et travaille nos vies. Je suis marqué par la manière avec laquelle des enfants de 11-12 ans se laissent toucher par ces mots du Christ : “Pour vous, qui suis-je ?” Prenant alors la parole, ils expriment leur foi. Mes parents me font découvrir le rassemblement du dimanche. J’ai la chance d’y aller avec d’autres enfants. Progressivement, nous y avons notre place par les lectures, puis par la préparation et l’animation. Quelle joie d’aider à la prière de tous ! A Taizé, je découvre que le Christ est vraiment la source de notre vie et que l’Esprit saint prie en nous. La prière commune nous garde en relation avec Dieu. Les rendez-vous de toute la communauté le week-end renforcent également nos liens fraternels. Un jour, alors que je participais à la messe à Taizé, cette phrase, “vous ferez cela en mémoire de moi” (1 Co 11,25), m’a particulièrement interpellé. Faire mémoire, rendre le Christ présent aujourd’hui, proposer ce sacrement de l’eucharistie… cette mission fait grandir en moi le désir de devenir prêtre. Me voici sur ce chemin. Chaque matin, je me mets à l’écoute de l’Evangile et je laisse résonner cette parole dans le silence du cœur. Je suis témoin que la Parole de Dieu prend chair au jour le jour. Lorsque j’étais au service de la communauté Magdala, j’ai vu des personnes se relever grâce au soutien de compagnons de route : “Lève-toi et marche !”. A Mons-Villeneuve, dans le groupe “Graines de Paroles”, je rencontre des parents qui se laissent toucher par l’Evangile et ont le désir de le faire connaître à leurs enfants. Je suis également touché par l’accueil reçu à l’occasion des célébrations. La prière du soir à Saint-Sébastien est signe pour moi d’une belle fidélité à celui qui nous réunit. Je réponds avec joie à l’appel qui m’est lancé d’être lecteur et acolyte et je compte sur vous pour m’interpeller et m’aider dans cette mission.
Pascal Dame “Aider la communaute à accueillir la Parole de Dieu” Pascal Dame a 43 ans. Issu d’une famille catholique pratiquante et, aujourd’hui, en cinquième année de séminaire à Lille, il vit une “véritable étape de conversion”.
“Professeur à Tourcoing à Notre-Dame de Wailly, je me suis investi, parallèlement, au service de l’Eglise, dans l’animation de groupes bibliques, la préparation de messes avec des jeunes, pèlerinage à Taizé, etc. Au cours d’une retraite, je me suis senti interpellé par la lecture du Livre de Jonas. Après une rencontre avec le responsable des services diocésains des vocations, je suis entré au séminaire, abandonnant finalement en quatrième année mon métier de professeur. Si cet abandon est un dépouillement, a contrario, j’éprouve une grande joie, m’investissant dans la paroisse Mère Teresa.” Devenir lecteur, c’est une véritable étape de conversion : “Voici je te mets devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer”, Apocalypse 3-8. Je redécouvre la valeur de ce ministère au service des fidèles. Etre lecteur, c’est aider la communauté à accueillir la Parole de Dieu. A travers la lecture, Dieu nous “dit sa parole”. Parole vient de l’hébreu “dapier” qui signifie non seulement “parole” mais aussi “action”. Dieu agit par la parole. Je voudrais partager cette découverte que toujours la Bible étonne et doit “étonner” les fidèles ; qu’il faut “adopter” la Parole de Dieu et non pas “l’adapter”, et qu’il faut la partager.” Propos recueillis par Jean Joubert
Le ministre institué lecteur et acolyte reçoit, de manière reconnue et durable, la charge d’un service que tout le monde peut rendre occasionnellement : il doit être le signe de l’importance de ce service au cœur de l’Eglise. Le lectorat, c’est le service de la Parole de Dieu. Pour pouvoir être un témoin fidèle de cette Parole autour de lui, le ministre lecteur doit avant tout lire, “méditer assidûment les Saintes Ecritures”, s’en nourrir toujours plus jour après jour. L’acolytat, c’est le service de la prière communautaire et de l’eucharistie. Le Christ a confié le sacrement de son corps et de son sang à l’Eglise, comme source de sa construction et de son développement, et cœur de sa vie. L’acolyte est appelé à veiller à ce que les fidèles soient formés à la prière personnelle et communautaire et il doit lui-même en vivre pleinement.

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